Faites connaissance avec la psychologue qui a dorénavant intégré notre équipe.

Johanne Gay_Cabinet Hi-Mind

Bienvenue dans notre équipe Madame Gay. Comment vous sentez-vous ?

Je suis particulièrement enthousiaste à l’idée de cette collaboration avec le cabinet.

Pourriez-vous s’il-vous-plait nous présenter vos fonctions que vous allez accomplir au sein du cabinet Hi-Mind ?

Je vais m’occuper de différents types de bilans pour les enfants et  adolescents ainsi que certains bilans pour les adultes. Une de mes fonctions sera également d’accompagner des enfants, adolescents et adultes dans les difficultés quotidiennes occasionnées, pouvant être parfois occasionnées par un fonctionnement particulier. Il s’agira également pour moi de guider et soutenir les parents d’enfants haut potentiel et/ou souffrant de troubles associés dans leur fonction parentale.

Vous êtes à haut potentiel. Comment l’avez-vous vécu ?

Comme chez de nombreuses personnes, le diagnostic m’a permis de mettre des mots sur certaines complexités que je pouvais rencontrer. Contrairement à ce que certains peuvent vivre, il n’a cependant pas constitué un tournant majeur dans mon parcours. Fervente défenseure des intelligences multiples, je considère que le coefficient intellectuel n’est qu’un élément indicateur parmi d’autres permettant d’appréhender le niveau de fonctionnement d’un individu.

Pensez-vous que le haut potentiel soit un avantage ou un inconvénient ?

Je pense qu’il peut être les deux, successivement ou simultanément. Il est un avantage si l’individu possède une connaissance de lui-même suffisante lui permettant, autant que faire ce peut, d’adapter son environnement à ses besoins propres et spécifiques.

Quelles sont vos attentes au niveau professionnel ?

J’ai choisi de travailler dans le domaine de la relation d’aide ; mes attentes professionnelles sont et resteront toujours l’accession à un mieux-être chez les personnes que j’accompagne.

Pourquoi est-ce que la thématique du haut potentiel vous intéresse-t-elle ?

Etant psychologue et, de ce fait, vivement intéressée par le fonctionnement humain, cette particularité parmi d’autres m’a bien évidemment interrogée.  Cette problématique qui semble au premier abord être un atout peut se révéler souvent complexe à gérer dans la vie quotidienne. De plus le fait d’accompagner des individus dans l’optimisation de leur performance cognitive suscite chez moi un réel intérêt.

Quelles sont les faiblesses du test de QI selon vous ? Quels sont ses avantages ?

Les différents tests disponibles ne représentent selon moi qu’une infime partie de l’évaluation du potentiel d’un individu. Certes ils permettent par une approche quantitative de valider une hypothèse diagnostique mais ne donnent qu’une description relative de l’ensemble du fonctionnement. Deux individus dotés du même QI sont susceptibles de fonctionner, de performer de manière significativement différente, et ceci dans les différents champs de leur vie.

Comment pensez-vous que l’intelligence sera évaluée dans le futur ?

Je pense que l’évaluation du fonctionnement intellectuel va continuer à suivre la dynamique actuelle, soit le développement d’une approche holistique et qualitative ; l’évaluation quantitative ne sera qu’un des éléments d’un diagnostic adéquat.

Probablement que la question de la classification nosographique de ce phénomène devra être questionnée. Il me parait pertinent de relever qu’il n’existe pas de référencement du haut potentiel à ce jour, que ce dernier n’est donc classé dans aucun manuel diagnostique de psychiatrie. Il est évident que cela pose des difficultés significatives dans sa prise en charge.

La notion de haut potentiel est-elle une mode ? Le haut potentiel existe-t-il ?

Je pense que la réalité de ce fonctionnement cognitif particulier est de mieux en mieux appréhendée et que, de facto, le concept s’est démocratisé. Cette vulgarisation permet certes une meilleure compréhension du haut potentiel dans notre société actuelle ; cependant, elle amène également à galvauder le terme et entraine parfois de fausses conceptions, comme cette impression véhiculée d’un effet de « mode ». Il appartient dès lors aux professionnels du domaine ainsi qu’aux gens concernés par le haut potentiel de diffuser une information rigoureuse et objective. De nombreux acteurs concernés s’interrogent également sur la pertinence des termes choisis pour décrire ce phénomène. Les dénominations de haut potentiel ou de surdoué ne mettent en lumière qu’une partie du spectre de ce fonctionnement si particulier en mettant trop souvent les aspects plus complexes sous silence. Cependant, il est important de rappeler que ce phénomène de popularisation hasardeuse n’est en aucun cas réservé au domaine de la douance. De nombreuses terminologies psychiatriques et psychologiques sont utilisées dans le langage courant, souvent de façon inappropriée et inexacte.

Quelles seront les avancées scientifiques futures dans ce domaine ? Quel est le défi des sciences dans ce domaine ?

L’avènement des techniques d’imagerie cérébrale a permis dans de nombreux domaines d’étude de la psychiatrie, de la neuropsychologie et de la psychologie une véritable révolution dans le diagnostic et la prise en charge des patients. L’étude par imagerie cérébrale du développement et du fonctionnement du cerveau des surdoués, ainsi que des troubles étant parfois associés à la surdouance ouvre des perspectives de recherche passionnantes qui vont probablement constituer un des défis majeurs des prochaines années.

Je vous remercie,

Sophie Prignon